26 mai 2017

Bénévolat : des initiatives, des idées, de nouvelles dispositions ....

Pour attirer de nouveaux bénévoles...

On reparle du  bénévolat et des aides publiques
Souvenez-vous, dans le département du Haut-Rhin présidé par Eric Straumann, la Justice avait annulé un arrêté qui soumettait le versement du RSA à l'accomplissement de quelques heures de bénévolat. L'interdiction ouvrait cependant la possibilité de contournement en incitant les allocataires à "signer un contrat d'engagement réciproque" (CER), ce qui a été fait dans tout le département du Haut-Rhin. Ceci ne supprime pas le versement du RSA aux allocataires non volontaires, mais beaucoup d'entre eux comprennent l'intérêt qu'un tel contrat présente en vue d'une réinsertion. Leur allocation est alors suspendue en cas de non respect de l'engagement.
- A Ligny en Cambrésis, et toujours sur la base du volontariat, on aide financièrement les jeunes au RSA à passer leur permis de conduire en échange de 7 heures de travail bénévole. On les aide également à obtenir le BAFA en finançant 45% du coût de la formation
- A Neuville en Ferrain (Nord), toujours en direction des allocataires du RSA,la mairie a lancé des "cartes de bénévolat" qui accordent à leurs bénéficiaires, en échange de quelques heures de bénévolat, des tarifs réduits aux manifestations culturelles municipales
- A  Estaires (Nord), des chômeurs travaillent pour leur mairie. L'un d'eux, au RSA, confie "Au moins, on bouge, on se lève pour quelque chose. Pour moi, le RSA c'est de l'assistanat"
- A Chaumes en Retz, la mairie paie une partie du permis de conduire en échange de bénévolat au sein d'associations partenaires.
- A Stains, près de Paris, la municipalité a mis sur pied un programme,  il y a quelques années, en réservant un budget annuel de 99.000 euros (valeur 2017) afin de "favoriser la réussite éducative des jeunes stanois".Moyennant la signature d'un "contrat local étudiant" (CLE), des étudiants reçoivent une aide allant de 1500 à 2500 euros par an, en échange de 40 ou 80 heures de bénévolat réparties sur un an. Pour l'année 2016/2017, 57 étudiants bac+3 ont ainsi bénéficié de cette aide

Associer une aide  publique à l'exécution volontaire de quelques heures de bénévolat est donc une idée qui fait son chemin. Il y a longtemps que la plupart des pays européens ont mis en place des dispositifs similaires, sans que le volontariat soit toujours de mise ! Le dogmatisme, l'idéologie, n'ont pas lieu d'être lorsqu'il s'agit d'œuvrer pour l'insertion, l'intégration ou l'apprentissage de la citoyenneté.

Enfin, une information trouvée au hasard d'une navigation sur le net, nous emmène plus loin vers le Canada, pays où le bénévolat est largement développé et élevé au rang d'une véritable institution. En effet, à partir du 1er juillet prochain, les habitants du Saskatchewan (province de l'Ouest canadien) ne pourront plus, pour des raisons financières évoquées par les autorités de la province,  effectuer de bénévolat auprès d'organismes communautaires en rémunération d'amendes pour excès de vitesse ou stationnement illégal. Cette décision provoque un tollé parmi les associations d'aide aux plus démunis qui ne trouvent pas de volontaires ! Elle supprimerait 15.000 heures de  bénévolat, entraînant pour la banque alimentaire, par exemple, l'obligation de revoir son programme à la baisse.

Une initiative pour susciter des bénévoles
Une autre initiative a retenu mon attention, sans qu'il soit question d'un quelconque accord "donnant donnant".
A Villeneuve d'Asq, deux bénévoles ont créé "HelpAssos", une association qui met en relation des bénévoles de la région avec des associations, à l'occasion d'évènements ponctuels organisés par celles-ci. "On s'est tous déjà dit un jour qu'on voulait faire du bénévolat sans vraiment en avoir le temps...et que de nombreuses associations manquaient parfois de bras pour leurs actions" (François Richaud, président)..."C'est un peu l'idée d'un  bénévolat à la carte" (Isabelle Beaumadier, vice présidente)

Un congé d'engagement

Il s'agit d'un congé créé par la loi Egalité et Citoyenneté du 27 janvier 2017, qui permet à des bénévoles de s'engager davantage en facilitant l'exercice de responsabilités et ainsi de concilier leur engagement avec une vie professionnelle
Pour en savoir plus

Des heures de bénévolat associatif contre des heures de formation

Depuis le 1er janvier 2017, le Compte d'Engagement Citoyen, issu de la loi Travail, permet d'inscrire les heures de bénévolat assurées dans une association et de "gagner" ainsi des heures de formation créditées au Compte Personnel de Formation
Petit rappel dans ce dédale administratif cher aux français :
Le Compte Personnel d'Activité (CPA) regroupe, au sein d'un même compte, l'ensemble des droits sociaux de chaque personne afin de sécuriser son parcours professionnel.
Le CPA est constitué :
  • du compte personnel de formation (CPF) ;
  • du compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P) ;
  • du compte d’engagement citoyen (CEC) destiné à transcrire en droits à la formation les activités bénévoles réalisées dans le secteur associatif reconnu d’utilité publique ou le service civique.

Le compte d’engagement citoyen récemment mis en place, recense les activités bénévoles ou de volontariat (service civique par exemple)de son titulaire. Il permet notamment d’acquérir des heures inscrites sur le compte personnel de formation à raison de l’exercice de ces activités


La durée minimale varie selon l'activité. Par exemple, six mois continus de service civique ou 200 heures de bénévolat associatif dont 100 heures dans la même association, donnent droit à 20 heures de formation

Mais ce dispositif n'est ouvert, pour le moment, qu'aux volontaires siégeant dans l'organe d'administration ou de direction de l'association. D'après le Ministère du Travail, 100.000 bénévoles devraient ainsi bénéficier du CEC en 2017.
Si l'ONG Planète Urgence salue ce "début de reconnaissance formelle de l'engagement citoyen dans le cadre du travail", bon nombre d'acteurs du secteur associatif déplorent le fait qu'une grande partie des bénévole restent exclus.

Mais selon le gouvernement "couvrir tout le monde, ce n'est tout simplement pas envisageable financièrement"

Affaire à suivre...

Pour ceux que le sujet intéresse, voir le portail internet CPA : https://www.moncompteactivite.gouv.fr/

14 avril 2017

Silence.....on lit !

Une initiative dont on a beaucoup parlé dans les medias, comme d'une initiative novatrice et originale, a attiré mon attention pour la simple et bonne raison qu'il s'agit d'un petit village de Haute-Provence que je connais bien, Banon.


Déjà célèbre pour son magnifique village fortifié, ses champs de lavande, ses fromages de chèvre roulés dans des feuilles de chataignier, sa librairie, Le Bleuet, figurant parmi les 5 ou 6 plus grandes librairies indépendantes de France, Banon s'illustre cette fois par une initiative mise en œuvre au collège, ce qui ne figurera pas dans la liste des "curiosités à voir absolument" promues par l'Office de Tourisme. C'est pourquoi il faut en parler ici car il ne s'agit pas d'une simple curiosité anecdotique, mais d'une expérience dont les bienfaits dépassent largement le cadre scolaire.

De quoi s'agit-il ?
Il s'agit d'une démarche engagée par la principale du collège de Banon, avec l'aide de l'association "Silence, on lit" qui promeut la lecture dans les établissements scolaires.
Tous les jours, après déjeuner, tel un rituel,  le collège est plongé dans un silence total pendant 15 minutes, pendant lesquelles tous les élèves et tout le personnel sans exception se plongent dans un livre de leur choix, tout étant autorisé, hormis les livres de classe et les journaux.
"Un moment de cohésion dans le silence", note un professeur d'anglais, "je lisais pas, maintenant je lis de temps en temps", confie un élève. Quinze minutes plus tard, les livres se referment et la vie du collège reprend.

15 minutes de lecture par jour....c'est 1h15 de lecture par semaine, 5 heures de lecture par mois au minimum, presque 50 heures dans l'année...autant d'heures gagnées  sur la télé, les smartphones, les tablettes et les ordinateurs...

la video      

Une idée qui vient de loin
Vous pensez certainement qu'il s'agit d'une initiative de l'Eduction Nationale, d'une directive adressée à tous les collèges de France ? Ce serait une bonne nouvelle, mais malheureusement, il n'en est rien !
L'idée, qui fait son chemin, en revient à l'association "Silence, on lit", initiatrice du projet, qui le diffuse et accompagne les établissements scolaires qui désirent y adhérer. Ils sont de plus en  plus nombreux  à manifester leur intérêt auprès de l'association.
Cette idée a germé à partir d'une expérience de 15 ans découverte...en Turquie, au lycée  francophone Tevfik Fikret d' Ankara, par l'un des fondateurs de l'association, le cinéaste Olivier Delahaye venu présenter à Ankara son film "Soleils" (qui sort bientôt en France).
Au bout de quinze ans, cette "pratique" a révolutionné,  non seulement le rapport à la lecture, mais également le rapport aux enseignants et entre les élèves. Voir le très intéressant article publié sur Slate.fr en juin 2016 

Une idée qui n'est pas réservée aux collégiens...
Je vous laisse découvrir le site de l'association, sur lequel on lit que ce concept n'est pas réservé aux établissements scolaires, mais également aux entreprises, et que les bienfaits de la lecture ne se limitent pas au cadre de l'apprentissage.
Allons plus loin...pourquoi pas aux grandes associations ? aux centres aérés ? aux maisons de retraite ? aux centres sociaux, associations et bénévoles qui diffusent accompagnement à la scolarité, apprentissage du français ou autres, etc..,  

Une réflexion sur le monde associatif et le bénévolat
Une lettre adressée au ministère de la culture par Olivier Delahaye, restée sans réponse - rien d'étonnant, pourquoi prendre exemple sur ce qui se fait ailleurs et qui réussit ! - celui-ci s'est adressé à l'Académie Française où il a rencontré un vif succès, notamment auprès d'Erik Orsenna et Daniele Sallenave. C'est à partir de là qu'est née l'association et que des contacts ont été pris avec des proviseurs de lycées.

La réflexion qui m'est venue est celle-ci :
Pourquoi fait-on grand cas d'une initiative (rapportée par de nombreux médias) qui devrait figurer parmi les consignes incontournables du ministère de l'Education Nationale, au vu du constat récurrent de la désaffection des enfants et ados pour la lecture et de l'importance de l'illétrisme en France (7% de la population âgée de 18 à 65 ans ayant été scolarisée en France, soit 2.500.000 personnes en métropole) ? Dans un autre domaine cela me rappelle les paroles, sans doute un peu provocatrices, lancées par Michel Onfray, après les premiers attentats terroristes à Paris. Il s'élevait contre le fait qu'à l'école, on délaissait l'apprentissage de la citoyenneté et des valeurs républicaines au profit de l'apprentissage du tri sélectif ! Ceci était une boutade, bien sûr, mais qui soulignait les choix opérés par les pédagogues de tout poil du ministère de l'Education Nationale, au détriment des "savoirs de base" réclamés par la grande majorité de la population....et des candidats aux élections !

Fort heureusement,  le monde associatif est là, qui répare, pallie, prend des initiatives, dénonce, intervient aux côtés des pouvoirs publics ou de manière autonome et apporte chaque jour la confirmation de l'importance grandissante des actions de la société civile qui "prend les choses en main".

En allant plus loin, les associations ne sont résolument plus les œuvres de bienfaisance telles qu'elles apparaissaient, pour certaines, il n'y a pas si longtemps. Elles deviennent de plus en plus un moyen d'expression démocratique dans la mesure où elles apportent une "connaissance du terrain" dont se targuent à tort la plupart de nos politiques !
En jouant ce rôle d'intermédiaire dans le jeu et l'expression démocratiques, les associations deviennent des acteurs incontournables de notre société en intervenant dans les secteurs délaissés

.....et pour qu'une association grandisse et prospère, il lui faut de plus en plus de bénévoles !

09 mars 2017

Trouvez Lulu !

Rien ne va plus !
Vous êtes en conflit ouvert avec une armoire soit disant facile à monter, votre maison a besoin d'un grand coup de ménage, vous êtes découragé(e) devant le fastidieux nettoyage des vitres, mais il faut faire quelque chose car elles sont tellement sales que le temps paraît éternellement gris, personne pour aller chercher Jules à l'école le mardi soir, Mathilde a besoin d'un petit coup de pouce en maths, votre ordinateur montre des signes de faiblesse, vous avez envie de faire la grasse matinée et d'éviter l'incontournable corvée des courses du samedi matin, le chauffe-eau "fait tout sauter" dès qu'on le met en marche, l'évier fuit, vous devez déménager un canapé sans ascenseur, les tringles à rideau du salon sont achetées depuis près de trois mois mais elles ne sont toujours pas fixées, votre voisin est un vieux monsieur qui croule sous les paperasses à remplir pour obtenir une aide à domicile, vous avez une robe que vous adorez qui aurait besoin d'un petit coup de jeunesse .....et bien d'autres choses du quotidien qui vous font rêver d’une fée (ou d’un lutin) qui viendrait à votre secours…

Pas de panique, Lulu est là...
"Lulu dans ma rue" est une "conciergerie" de quartier dont l'idée revient à Charles-Edouard Vincent, polytechnicien, ingénieur des Ponts et Chaussées et diplômé de Stanford,  qui a décidé de se consacrer à des projets relevant de l'économie sociale et solidaire.
C'est lui qui, avec l'appui de Martin Hirsch, alors directeur général d'Emmaüs, a créé "Emmaüs Défi", une association qui tente de redonner espoir aux sans abris en leur proposant une réinsertion par le travail. Nous lui avions consacré quelques lignes dans un article sur le prix Reporters d'Espoirs. Egalement un article de Youphil qui retrace son parcours.

"Lulu dans ma rue" existe depuis 2015 et a pour vocation de générer de l’activité économique à l’échelle locale, tout en redynamisant le lien social dans le quartier. « Lulu dans ma rue », ce sont des kiosques auprès desquels on trouve tous les services dont on peut avoir besoin dans la vie quotidienne, allant du bricolage au soutien scolaire, en passant par le dépannage informatique, les livraisons, la fourniture de "gros bras", etc...tout un panel de services assurés par des "lulus", au prix de 5 à 20 euros par demi-heure

Aujourd'hui il existe deux kiosques dans Paris. Un à Saint-Paul, le second dans le 17è arrondissement. Grâce à une convention signée avec la Ville de Paris, d'autres sont prévus dans le courant de l'année 2017 (dans les 14ème, 15ème, 18ème et 20ème arrondissements)
Voulant en savoir plus, je me suis rendue au kiosque de Saint-Paul, après avoir
pris rendez-vous avec Alexandra qui m'accueille, ainsi que Marianne, super concierge affectée ce jour là à la tenue du kiosque.

Une cafetière est à la disposition des passants ainsi qu'une table et deux chaises pour se reposer un peu,  et un "bac à livres" où l'on peut se servir et/ou déposer un livre qu'on a lu et que l'on veut partager. Le kiosque est aussi un lieu de rencontre, un lieu de ralliement des lulus, de centralisation des demandes.
Un mot sur Alexandra : elle est étudiante à Paris Dauphine et a décidé de prendre une année de césure entre sa première et sa deuxième année de master Marketing afin de s'immerger dans le monde de l'économie sociale et solidaire, domaine qu'elle a résolument choisi comme cadre professionnel.

Des demandes parfois insolites
Si les prestations de bricolage, ménage, repassage, couture, port de charges lourdes, soutien scolaire, garde d'enfants et dépannages informatiques forment le noyau dur, on trouve tout un tas de "services" aussi inattendus qu'utiles pour les demandeurs : Une maman enceinte, très fatiguée, a fait venir un Lulu pour qu'il monte une construction en lego avec son enfants, une vieille dame cherchait un joueur de cartes, une dame avait repéré une paire de chaussures à sa taille la veille des soldes mais ne pouvait pas se déplacer…

"On peut demander quasiment tout ce que l'on veut, la seule limite étant l'imagination de nos clients", précise Alexandra. C'est tout dire !


On fait comment ?
Il suffit de faire la demande auprès du concierge de quartier dans le kiosque, sur le site ou par téléphone. On crée un compte client et on paie directement la prestation auprès du Lulu qui la fournit. Une facture est ensuite adressée au client.

Un grand nombre de prestations bénéficient d'une déduction fiscale au titre des services à la personne.

Il faut enfin préciser que des kiosques à journaux répartis dans le quartier, constituent des "points relais Lulu" qui peuvent enregistrer des demandes d’intervention.

Des Lulus compétents et dignes de confiance
Ne devient pas "Lulu" qui veut ! Il faut présenter un réel talent, une compétence confirmée dans un domaine donné. Des rencontres sont organisées chaque semaine par des membres de l'équipe avec les candidats "Lulus" afin de leur présenter l'organisation et le fonctionnement...5 à 10% de ceux qui contactent sont retenus chaque semaine.
Un entretien individuel permet ensuite d'affiner les candidatures (conditions d'intervention, disponibilités…), et de tester la motivation. Qualités humaines et compétence sont les deux exigences incontournables fixées par l'équipe.
Un coaching est prévu pour chaque Lulu qui débute (accompagnement dans les premières interventions, formation à la relation clientèle, formations techniques...). Les plus anciens forment les nouveaux et une chargée d'insertion professionnelle est à la disposition des Lulus qui souhaitent de l'aide pour la construction de leur parcours pour la suite.
Chaque Lulu est micro-entrepreneur. La structure s'occupe de toutes les démarches et assure le suivi de l'activité (en émettant les factures notamment) ainsi que les déclarations obligatoires. Un contrôle qualité est exercé après chaque intervention. Les Lulus sont motivés à 100%, déclarés, assurés et formés.

Et si aucun Lulu n'est en mesure de fournir une prestation (opération trop lourde, compétence inexistante ou insuffisante...) ? Pas de problème. Lulu a une solution au sein d'un réseau d'artisans du quartier avec lesquels les Lulus travaillent main dans la main. C'est notamment le cas des interventions de serrurerie dans le quartier Saint Paul.

Qui sont-ils ?
150 Lulus interviennent depuis janvier 2017 dans tout Paris, avec une forte activité dans le centre. Leur nombre s’accroît régulièrement
On trouve parmi eux des retraités désireux d'améliorer leur revenu et de maintenir un lien social, des étudiants, des bénéficiaires du RSA, des actifs et des chômeurs pour lesquels être Lulu constitue un projet de ré-orientation professionnelle, un tremplin de réinsertion, une solution d'attente qui redonne confiance.

Une équipe d'animation soudée, une ambiance de quartier
Une vingtaine de salariés et de bénévoles assurent le pilotage de l’activité (administration recrutements…). Leur moyenne d'âge est d'environ 30 ans. Parmi eux, les concierges qui se relaient pour tenir les deux kiosques ouverts tous les jours sauf le dimanche.

Chaque mois, au cours d’un « apéro Lulu » ou d'un "déjeuner Lulu" l'équipe et les Lulus se retrouvent pour capitaliser les expériences, s’échanger des conseils, analyser les difficultés rencontrées.




Une fois par mois, également, est organisé
un "apéro de quartier" avec tous les Lulus et les habitants. Ayant été gentiment invitée par Alexandra, j'ai pu apprécier l'ambiance bon enfant, chaleureuse et joyeuse, grâce aussi à la présence d'un duo de bossa nova.

Des chiffres
A ce jour,9500 clients ont eu recours à Lulu, 17.850 interventions ont été réalisées, un taux de satisfaction de 98%, 400 demandes officielles d’ouverture de conciergeries de quartier « Lulu dans ma rue », en France et à l’étranger….C’est ça, Lulu !


Pour en savoir plus  et notamment sur la diversité des services proposés

 Un dernier scoop : depuis quelques jours, une "Lulumobile"   parcourt Paris pour faire connaître "Lulu dans ma rue" et stationne ponctuellement pour répondre aux questions des passants et prendre éventuellement des commandes



Merci à Alexandra qui a eu la gentillesse et la patience de répondre à mes questions !

Bravo, une fois encore à cette jeune génération qui s’engage, entreprend, et a résolument décidé de ne pas céder à la sinistrose et à la résignation.

"Lulu dans ma rue" répond à un vrai besoin ! C’est véritablement une belle aventure !

17 février 2017

Prix Jeune Bénévole, ou les jeunes pousses du bénévolat


Le 30 janvier dernier, au CIDJ (Centre d’Information et de Documentation Jeunesse),  avait lieu la remise du prix Jeune Bénévole initié pour la sixième fois par l’association Tous Bénévoles, en présence de sa présidente, Isabelle Persoz, et des partenaires de l'opération.
Cette année, les cinq témoignages sélectionnés par le jury parmi les candidats qui avaient envoyé un dossier étaient des témoignages de jeunes femmes, laissant derrière elles, au diable la parité, leurs collègues masculins !
Elles ont raconté leur expérience de bénévole avec enthousiasme, désireuses de transmettre le bonheur qu’elles ont trouvé en s’engageant

Qui sont-elles ?                                                           

Elina, 17 ans, jeune ambassadrice de UNICEF France, mène diverses actions de sensibilisation aux droits des enfants et de collecte de fonds. En tant que Jeune ambassadrice, Elina a toute l'autonomie nécessaire pour élaborer ses projets.
« S'engager, à l'UNICEF dans mon cas, c'est se battre pour sensibiliser, collecter des fonds, améliorer la situation de l'enfance dans le monde. C'est porter et être porté par ses rêves de voir un peu plus, chaque jour, le monde auquel on aspire se dessiner. Et ce, pour que chaque goutte d'eau forme une rivière, que chaque projet s'unisse à la surface de la planète. Et toujours garder l'espoir.

Elina partira en séjour offert par France Nature Environnement

Anaïs, est en Service Civique à l' Association Prévention Routière . Elle mène des actions de prévention et de sensibilisation aux dangers de la route auprès de publics variés, des enfants aux personnes âgées.
« Il y a 5 ans, j’ai perdu une personne très importante pour moi dans un accident de la route dû à l’alcool et la vitesse. Alors la mission à la prévention routière m’a tout de suite interpellée. On intervient auprès de publics totalement différents.  A l’école, on accompagne les enfants dans leurs apprentissages : traverser la rue, attacher son casque à vélo »


Anaïs participera à un chantier international de bénévoles offerts par Etudes et Chantiers

Matilda a 13 ans, elle a créé sa propre association, « les Pérambulations de Matilda », pour soutenir les enfants hospitalisés en cancérologie. Elle leur a proposé de suivre le voyage qu’elle a effectué jusqu'en Laponie pour aller remettre les lettres des enfants au Père Noël, se transformant ainsi en messagère des lettres au père Noël.
« On a environ 30.000 jours à vivre, explorer, vibrer…A  Noël, je vais atteindre le cap des 5000. Mon rêve serait d’en partager quelques-uns à tenter de faire briller les yeux des enfants hospitalisés »

Matilda a choisi un séjour sportif de l’UCPA

Anne, 24 ans, de l'association Danse en Seine , a conduit le projet "Dansons les Amandiers" qui a permis aux enfants de cette école de découvrir la danse et la scène.
« Je suis passionnée par les arts et je me suis rendue compte, en fréquentant les établissements culturels, que la culture est chère et que certaines formes artistiques sont difficiles à approcher. Pour ces raisons, j’ai décidé de m’investir dans une association qui facilite l'accès aux œuvres artistiques ».

Anne participera à un chantier international de bénévoles offert par Jeunesse et reconstruction

Marthe, 19 ans, bénévole aux Petits Frères des Pauvres, consacre une partie de son temps libre à des personnes âgées et isolées, à qui elle rend visite régulièrement . Des moments d'échanges forts.
« C'est un univers particulier où règnent la bienveillance, la tendresse et le partage. Bref, une bulle d'oxygène ! Enfin, tout ça, ce ne sont que des mots limités qui n'explicitent qu'à peu près ce que signifie être bénévole dans cette association. Pour vraiment comprendre, il n'y a qu'une solution : y entrer! Alors lancez – vous ! »
Marthe effectuera un séjour dans une association en Allemagne, proposé par l’OFAJ (Office Franco Allemand pour la Jeunesse)


Je conseille vivement de lire les témoignages de ces lauréates dans leur intégralité


 Article écrit avec le concours de Pierre Colombel, en service civique à  l'association Tous Bénévoles




24 janvier 2017

Une année chasse l'autre....

Une année chasse l'autre.....
Est-ce à dire que celle que nous laissons est effacée, écrasée par celle qui arrive ? que les mauvais rêves sont derrière nous pour laisser la place aux souhaits que nous échangeons ?

Les vœux échangés sont, finalement, malgré leur formalisme et leur rituel, le signe que nous croyons instinctivement, encore, à des jours meilleurs et que l'être humain possède plus ou moins une certaine capacité de résilience....

L'année 2016 a été riche en évènements souvent violents ou inattendus, qui marquent et confirment un tournant dans le monde et la société que nous connaissons.

Une constatation s'impose désormais : pour la première fois depuis longtemps, les laissés pour compte, les plus démunis et les  plus déçus par les espoirs vains et les promesses non tenues ont fait entendre leurs voix par les urnes, entraînant un bouleversement au sein de l'"establishment" et parmi les élites.

Nous côtoyons désormais la misère et la guerre dont les images nous parviennent  et dont les populations migrantes nous portent témoignage.
En France, les valeurs et les principes républicains qui forment le socle de notre société sont menacés.

Tel est le constat fin 2016 !

L'année 2017 sera le témoin des conséquences probables de ces évènements (nouvelle présidence américaine, brexit, migrations...) et la France devra, quant à elle, se prononcer sur l'orientation qu'elle entend donner à son avenir.Les nombreux candidats à l'élection présidentielle nous offrent un panel de solutions d'avenir,  certaines réalistes, d'autres qui le sont moins....

Mais l'abattement n'est pas à l'ordre du jour si l'on en juge par  l'importance grandissante des actions de la société civile et du poids que représente le secteur associatif, un français sur deux faisant davantage confiance aux associations plutôt qu'aux pouvoirs publics pour gérer les urgences sociales !
Les chiffres les plus récents dénombrent 1,3 millions d'associations (67.000 crées chaque année en moyenne), dont le budget annuel total (85 milliards d'euros) représente 3,2% du PIB et qui emploient 1,8 millions de salariés (dont une enquête récente a souligné le bien-être au travail pour 80% d'entre eux), et 13 millions de bénévoles.
A noter aussi que 80% des structures de l'Economie Sociale et Solidaire (ESS) sont des associations.
Ajoutée à ces données réconfortantes, une  récente enquête sur les jeunes, réalisée par le CREDOC et l'Institut National de la Jeunesse et de l'Education Populaire (INJEP) à la demande du ministère de la jeunesse,  met en évidence leur défiance à l'égard des partis politiques et des syndicats au profit d'un réel intérêt pour la société et d'un engagement au sein d'associations, mais aussi de plus en plus sous des formes nouvelles de mobilisation, en particulier par l'utilisation d'internet afin de signer des pétitions, exprimer leurs opinions, partager des commentaires sur des sujets d'actualité qui les mobilisent (l'environnement, les guerres, les injustices...)

Pour en savoir plus sur le "baromètre sur la jeunesse"


Tout ceci a de quoi nous rassurer sur le renforcement du lien social, l'humanisation de l'économie et le réveil d'un élan démocratique.


Souhaitons que cette nouvelle année nous réserve de bonnes surprises !